DEFINITION DU PROJET

LE PROJET

La Région Languedoc-Roussillon compte de nombreuses exploitations avicoles. La demande croissante de foie gras incite les agriculteurs à se lancer dans l’élevage de canards de gavage. La pollution engendrée par les déjections est importante. On estime que la quantité d’eau journalière utilisée pour un canard est de 60 litres (lavage quotidien des salles de gavage). Une exploitation moyenne qui produit environ 3000 canards/an sur 10 mois, gère entre 70 et 80 canards par semaine. Cette production entraîne un rejet liquide d’environ 400 à 500 litres d’effluents par jour. En prenant une DBO moyenne de 12g/l, le rejet quotidien moyen dans le milieu naturel serait de 5 à 6 kg. Conscients des nuisances occasionnées sur un environnement à un fort potentiel touristique, le Conseil Régional a eu l’amabilité de soutenir financièrement un projet d’étude pour le développement d’une filière rustique de traitement.

LE PILOTE

Pour développer son pilote, la société AQUAETUDES a souhaité s’entourer de personnes d’expérience. Aussi avons-nous fait appel à Monsieur Christian DRAKIDES, ingénieur de recherche CNRS, Montpellier II, pour nous conseiller dans cette entreprise.

Pour que l’expérience soit concluante, il fallait trouver un élevage dont les caractéristiques physico-chimiques du lisier soient représentatives de celles d’un élevage de type moyen, (environ 3000 canards / an). La société AQUAETUDES ne pouvant héberger le pilote, souhaitait en confier la construction et le suivi à un lycée technique ayant une formation BTS « métiers de l’eau ». (Bonne disponibilité et compétence des personnes, possibilité d’effectuer sur site les analyses courantes des paramètres de suivi). La première démarche du projet a donc été de trouver un élevage et un lycée proches géographiquement. Le lycée Gilles de Gennes de Dignes les Bains et l’élevage de ….. à……ont présenté toutes les caractéristiques voulues.

CAHIER DES CHARGES DE LA FILIERE DE TRAITEMENT

1. LE BESOIN DE TRAITEMENT : origine industrielle du projet

onsieur X souhaite implanter dans une région à forte tradition viticole, un élevage d’environ 3500 canards/an. Son objectif est la production de foies gras et de viandes confites. Le choix de son lieu d’implantation, compte tenu du caractère « non traditionnel » de l’activité agricole, a suscité de la part de la préfecture une attention toute particulière. Celle-ci s’est montrée très vigilante sur les garanties sanitaires de l’exploitation. Un point important soulevé par l’administration était le traitement des résidus organiques issus de l’exploitation avicole. Traditionnellement, pour des exploitations de cette taille, la solution préconisée est l’épandage (Gers, Périgord). Cette solution, compte tenu, de l’agriculture locale peu appropriée à ce type d’épandage et de la nécessité d’une fosse de stockage de 60 m3, n’a pas été retenue.

2. CONTRAINTES :

Le système de traitement est soumis à des contraintes importantes de disponibilité et de compétences de l’agriculteur. En effet, quelle que soit la filière retenue et son efficacité, il n’était pas question que l’éleveur gère des paramètres qui sont de la compétence de l’homme de l’art. De plus, cette activité avicole demande une astreinte quotidienne dans sa gestion. La proximité d’une maison d’habitation, ainsi que la place disponible, ne permettait pas d’envisager un système épuratoire extensif. L’activité agricole doit déboucher dans un deuxième temps sur la création d’un gîte, aussi la station ne doit pas être une gêne visuelle ou olfactive. Les ressources financières de l’agriculteur étant limitées, le projet final ne doit pas excéder 20000 €. Pour les mêmes raisons, celui-ci souhaite pouvoir réaliser lui-même une partie des travaux. Aucune filière mise en application à ce jour ne permettait de remplir en tout point ce cahier des charges.

3. LE DOSSIER :

Sur la base de ces contraintes, un projet d’épuration a été remis à l’agriculteur en mai 2000. Celui-ci a été présenté à la préfecture du Vaucluse dans le cadre de la procédure de déclaration. Néanmoins, l’élaboration d’un pilote était nécessaire pour ajuster les résultats théoriques en apportant si besoins était, des modifications au projet initial.

4. LA FILIERE :

L’effluent, débarrassé des résidus alimentaires, sera collecté dans un bassin d’activation où, par aération et syncopage, on procédera à l’abattement des matières carbonées et azotées, selon les normes en vigueur. Il n’y aura pas de décanteur secondaire avec recirculation des boues. Chaque jour, ou chaque semaine, une fraction de la liqueur mixte retirée du bassin d’activation sera épandue par bâchées sur un filtre à sable. Celui-ci aura pour fonction de stabiliser les boues qui seront, au bout d’un certain temps, raclées. Ce procédé d’épuration permet de maintenir constant la quantité de biomasse dans le bassin d’aération qui a été dimensionné pour que la masse des boues retirées soit égale à celle des boues formées. L’effluent ayant traversé le filtre à sable sera filtré et décontaminé, il pourra rejoindre le milieu naturel sans dommage pour celui-ci. Les boues stabilisées et déshydratées sont utilisées par l’éleveur pour valorisation agricole sur place dans le respect de la réglementation. Des roseaux plantés sur le filtre devraient permettre de diminuer le volume des boues et d’atténuer les risques de colmatage.

PROJET THEORIQUE DE LA CONCEPTION MATERIELLE DE LA STATION D’ASSAINISSEMENT DE LISIER DE CANARDS

FILIERE :

La filière de traitement est composée d’un bac à graisse situé en sortie de la salle d’abattage. L’arrivée d’eau à ce niveau est gravitaire. En sortie du bac à graisse, les eaux sont rejointes par les eaux usées issues de la salle d’élevage par pompage ou écoulement gravitaire. Les deux effluents se retrouvent dans la cuve d’aération qui comporte un hydroéjecteur. Un agitateur permettra le brassage de la cuve pendant la phase anaérobie. L’arrivée dans le bassin aéré se fait par gravité. (En procédant à des alternances d’aération et des phases de syncopage relativement courtes, l’agitateur peut-être omis ) Les effluents traités sont pompés hors de la cuve d’aération et disposé sur le filtre à sable grâce à un répartiteur. Si la phase anaérobie est unique, elle commence lorsque le pompage est terminé. C’est au début de la phase anaérobie que les eaux brutes devront être injectées dans la cuve.

Le projet complet a été approuvé par la préfecture d’Avignon.

Loader Loading...
EAD Logo Taking too long?

Reload Reload document
| Open Open in new tab